La société de sécurité Phorion affirme qu’une version altérée de l’extension « Claude Code » d’Anthropic, destinée aux éditeurs compatibles avec Visual Studio Code, aurait installé une porte dérobée SSH sur les ordinateurs de développeurs. Selon l’éditeur Cursor, qui a distribué cette version, jusqu’à 5 000 utilisateurs ont pu être touchés.
- Une version altérée de l’extension Claude Code, publiée sur Open VSX, a installé une porte dérobée SSH.
- Jusqu’à 5 000 utilisateurs ont pu être touchés, car la version est restée disponible environ 11 heures.
- Anthropic n’a pas développé le code malveillant, et Cursor a retiré la version et mis le serveur de l’attaquant hors ligne.
- Les développeurs ayant installé la version 2.1.313 doivent chercher l’entrée « svc-telemetry » dans leur fichier de clés SSH autorisées.
Le paquet malveillant, numéroté 2.1.313, est apparu sur Open VSX, une plateforme d’extensions open source gérée par la Fondation Eclipse. Des éditeurs comme Cursor et Windsurf, qui reposent sur le code de Visual Studio Code, s’appuient sur cette boutique, car la boutique par défaut, le Visual Studio Marketplace de Microsoft, est réservée à ses propres produits. Aucune version malveillante n’y a été signalée. Selon Cursor, la version altérée est restée disponible dans sa boutique pendant environ 11 heures, le 29 octobre 2026.
Un accès caché installé sur la machine
Anthropic est une société américaine spécialisée dans l’IA, dont le produit phare est Claude, une série de grands modèles de langage (LLM). Le code malveillant, lui, n’a pas été développé par l’entreprise. Selon Cursor, il a été ajouté à une version de l’extension qui n’était pas la sienne.
D’après Phorion, la charge malveillante ajoute la clé SSH de l’attaquant aux clés autorisées de la machine. SSH est un protocole de connexion à distance sécurisé : une clé autorisée permet de se connecter à l’ordinateur sans mot de passe. Le logiciel ouvre ensuite un tunnel vers le serveur de l’attaquant, qui peut ainsi se reconnecter à la machine. Le tunnel reste actif après la fermeture de l’éditeur, et le logiciel tente de rétablir la connexion environ toutes les 60 secondes. Il met aussi en place des mécanismes lui permettant de survivre à un redémarrage, sur Mac, Linux et Windows.
Selon Phorion, l’extension transmet au serveur de l’attaquant le nom de la machine, le nom d’utilisateur, le système d’exploitation, le répertoire de travail, l’adresse e-mail Git et l’adresse IP publique. Elle envoie aussi les noms, mais non les valeurs, de jusqu’à 40 variables d’environnement qui ressemblent à des clés, des jetons, des mots de passe ou des identifiants AWS et GCP. « Cette liste fournit à l’opérateur un inventaire des hôtes contenant des identifiants cloud ou des jetons API », a souligné Calum Hall, PDG de Phorion.
Sous macOS, la clé ne fonctionne que si le service SSH est actif, ce qui n’est souvent pas le cas. Phorion attribue cette limite à une vérification défectueuse du script, mais précise qu’elle ne constitue pas une protection. « L’utilisateur n’a pas besoin d’interagir avec l’extension pour que la charge utile se déclenche », a ajouté Calum Hall.
La réponse de Cursor
Dans un avis de sécurité, Cursor indique qu’il a retiré la version malveillante, fermé sa boutique par précaution, audité les accès et renouvelé ses clés. L’entreprise dit n’avoir trouvé aucune autre extension altérée. Elle a travaillé avec le fournisseur de services cloud hébergeant le serveur de l’attaquant pour le mettre hors ligne, ce qui a interrompu le tunnel et la transmission des données. Cursor a reconstruit sa boutique et l’a remise en service « après s’être assurée qu’il n’y avait plus aucun risque », a déclaré l’entreprise sur X.
Cursor affirme aussi qu’aucune autre version de l’extension ni la distribution officielle n’ont été touchées, à sa connaissance. Selon l’éditeur, l’activation de SSH nécessite des droits d’administrateur que l’extension n’obtient pas sur la plupart des machines Mac et Windows, ce qui limiterait l’accès de l’attaquant sur ces systèmes.
Des vérifications à effectuer
Phorion avertit que la désinstallation de l’extension ne supprime pas la porte dérobée. Cursor indique que la charge malveillante dépose des scripts autonomes qui continuent de s’exécuter. Toute personne ayant installé ou mis à jour l’extension vers la version 2.1.313 doit donc vérifier si son fichier d’autorisation de clés SSH contient une entrée intitulée « svc-telemetry ». Cursor a publié des commandes de vérification ainsi que des scripts de nettoyage pour macOS et Windows. Les deux entreprises ont également partagé des indicateurs de compromission.
