À trois semaines des élections de mi-mandat aux États-Unis, prévues le 3 novembre, la campagne voit se multiplier des faux spots télévisés générés par intelligence artificielle, qui visent certaines personnalités politiques. Diffusées à la télévision et sur les réseaux sociaux, ces courtes vidéos ressemblent aux spots de campagne tels qu’on les connaît en France, à ceci près qu’elles sont entièrement fabriquées par IA.
- Aux États-Unis, de faux spots de campagne générés par IA se multiplient avant les midterms.
- Ils visent des candidats comme Abdul El-Sayed et Jon Ossoff.
- Le Wesleyan Media Project en recense 220, pour un coût de 137 millions de dollars.
- La plupart sont républicains, et seuls 27 % signalent leur origine artificielle.
Des clips visant des candidats
Le candidat démocrate au Sénat Abdul El-Sayed fait partie des personnalités visées. Dans l’un de ces clips, la voix off affirme : « Quand Abdul El-Sayed parle de la famille et de l’amitié, il ne mentionne jamais sa propre famille. La destruction d’Israël et de l’Occident n’est pas seulement un jeu pour eux, c’est une mission. » À l’image, le candidat apparaît entouré de quatre femmes voilées de la tête aux pieds, puis joue à un jeu de société avec des cartes portant les mentions « Mort à l’Amérique » et « Célébrez le 11-Septembre ». Le spot indique à la fin, par la voix off et des sous-titres, que ses images ont été intégralement générées par intelligence artificielle.
Ce clip a été produit par The Front Line Action, un think tank, c’est-à-dire un organisme de réflexion, proche du sénateur républicain Ted Cruz. Selon la source, cette organisation n’est pas la seule à produire ce type de faux spots.
Un phénomène chiffré
Le Wesleyan Media Project, qui suit les dépenses de campagne aux États-Unis, a recensé 220 spots réalisés en partie ou totalement par IA. Leur création et leur diffusion à la télévision américaine ont coûté au total 137 millions de dollars, selon cet organisme. Celui-ci juge toutefois ces chiffres sous-estimés, car il devient de plus en plus difficile de repérer une vidéo générée par intelligence artificielle.
La très grande majorité de ces spots, soit 81 %, sont sponsorisés par des candidats républicains, contre 12 % par des candidats démocrates. Par ailleurs, seuls 27 % de ces faux spots indiquent qu’ils ont été générés par IA, ce qui, selon le Wesleyan Media Project, présente un risque important de désinformation.
Le sénateur démocrate Jon Ossoff, lui aussi visé par l’un de ces faux clips, a réagi en évoquant une « pente glissante vers la destruction de la vérité en politique ».
