Le 2 novembre 2026, le bureau de presse d’Abou Dhabi a annoncé que le prince héritier, cheikh Khaled ben Mohammed ben Zayed, avait reçu Sam Altman, directeur général d’OpenAI, avant d’assister à la signature de quatre accords entre l’entreprise américaine et des entités de l’émirat. Un premier usage est déjà présenté comme en production : l’aide au contrôle de conformité des importations alimentaires.
- Abou Dhabi signe quatre accords avec OpenAI dans les domaines du gouvernement, de l’énergie et de l’investissement.
- Un pilote sur les importations alimentaires, mené avec l’ADAFSA, serait déjà en production.
- Le communiqué ne précise ni les dossiers traités ni le centre de données utilisé.
- Ce partenariat s’ajoute à Stargate UAE et à d’autres accords conclus depuis 2024.
Les textes couvrent « les secteurs du gouvernement, de l’énergie et de l’investissement ». La compagnie pétrolière nationale ADNOC, le fonds souverain Mubadala et l’administration elle-même en sont signataires. Dans le volet énergie, ADNOC, G42 par sa filiale Inception42 et OpenAI intègrent l’IA dans les opérations du groupe pétrolier, afin de mieux relier les décisions « opérationnelles, d’investissement et commerciales ». Le déploiement repose sur les modèles GPT d’OpenAI, servis par une « infrastructure d’inférence dans le pays », l’inférence désignant l’exécution d’un modèle déjà entraîné.
Le volet administratif, conclu sans intermédiaire cité, porte le nom de « Machine-Readable Government » (gouvernement lisible par machine) et est piloté par le Department of Government Enablement (DGE). Mubadala, Inception42 et OpenAI, de leur côté, appliqueront l’IA à l’analyse d’investissements, à l’identification d’opportunités et à l’évaluation des risques. Enfin, Inception42 et OpenAI signent un accord de cinq ans pour diffuser l’IA de frontière, c’est-à-dire les modèles les plus avancés, dans l’administration, les entreprises et l’enseignement aux Émirats.
Un pilote présenté comme en production sur les importations alimentaires
Le volet administratif est le plus concret. Selon le bureau de presse, l’initiative traduit « un ensemble défini » de politiques et de règlements sous une forme lisible par machine, afin que des systèmes d’IA assistent les agents publics dans les évaluations de conformité courantes, « notamment » pour la délivrance de permis et de certificats. Chaque évaluation est rattachée à la règle qui la fonde, et les agents conservent la supervision et la responsabilité de la décision finale.
Le premier pilote, mené avec l’Autorité de l’agriculture et de la sécurité alimentaire d’Abou Dhabi (ADAFSA) sur les importations alimentaires, est décrit comme « déjà en production ». Les calculs s’appuient sur la « résidence d’inférence » d’OpenAI aux Émirats, avec des GPU, ces processeurs graphiques utilisés pour faire tourner les modèles, situés dans des centres de données du pays. Le communiqué ne précise ni les dossiers traités, ni la part du flux concernée, ni la date d’une éventuelle extension à d’autres domaines.
Un accord qui s’inscrit dans une série de partenariats
Le communiqué qualifie l’accord énergétique d’« historique » et fait d’ADNOC « la première entreprise du secteur de l’énergie à déployer la technologie de frontière d’OpenAI ». Le 4 novembre 2024, pourtant, ADNOC et AIQ, une coentreprise d’IA lancée en 2020 avec G42, présentaient ENERGYai, une solution d’agents qui devait intégrer des « modèles d’OpenAI », selon l’annonce reprise par World Oil. En mars 2025, AIQ annonçait un contrat de trois ans et de 340 millions de dollars pour déployer cette solution dans l’amont d’ADNOC, toujours selon l’annonce reprise par Oilfield Technology.
Abou Dhabi n’en est pas à son premier accord avec OpenAI. En mai 2025, l’entreprise y annonçait Stargate UAE, présenté comme le premier déploiement international de son projet d’infrastructure Stargate. Le communiqué du 2 novembre ne relie pas les nouveaux usages à ce campus. Le 24 septembre 2025, SAP et OpenAI annonçaient de leur côté « OpenAI for Germany », destiné aux administrations et instituts de recherche allemands, avec un lancement « prévu en 2026 ».
Le bureau de presse ne précise pas quel centre de données exécute ces calculs, ni combien de dossiers d’importation le pilote de l’ADAFSA a déjà traités.
