Une extension officielle de Claude, le modèle d’Anthropic, a été piégée et aurait pu menacer jusqu’à 5 000 postes de développeurs, selon plusieurs sources citées vendredi. Anthropic n’avait pas encore averti ses clients de l’incident.
- L’extension officielle de Claude sur Cursor a diffusé une version piégée.
- Cette version a pu toucher jusqu’à 5 000 utilisateurs pendant près de 12 heures.
- Elle installe une porte dérobée qui peut accéder aux fichiers et au code source.
- Anthropic n’a pas encore averti ses clients de l’incident.
L’extension compromise était disponible sur la place de marché de Cursor, entreprise qui conçoit des outils de développement assistés par l’IA. Dans une note de sécurité publiée vendredi, Cursor a indiqué que la version malveillante, la 2.1.313, a « au plus » touché 5 000 utilisateurs, probablement lorsqu’ils l’ont téléchargée ou lorsque leurs systèmes l’ont récupérée et installée automatiquement.
D’après le chercheur indépendant Kevin Beaumont, Anthropic a publié la version 2.1.314 plusieurs heures après la mise en ligne de la précédente sur Cursor. Beaumont et Luke Roberts, directeur technique et cofondateur de la société de sécurité Phorion, affirment tous deux que la version 2.1.313 a été diffusée depuis le compte officiel d’Anthropic sur Cursor. Ni Cursor ni Anthropic n’ont, pour l’instant, expliqué comment les attaquants ont pris le contrôle de ce compte.
Une compromission de la chaîne d’approvisionnement
Luke Roberts décrit un incident de type « compromission de la chaîne d’approvisionnement », dans lequel l’attaquant a obtenu l’accès au canal de distribution officiel. « La version malveillante 2.1.313 a été publiée sur le compte officiel d’Anthropic, remplaçant effectivement la 2.1.312 », a-t-il déclaré à Ars Technica. Il précise que les extensions se mettent à jour automatiquement par défaut dans Cursor, mais que les utilisateurs peuvent modifier ce réglage dans les paramètres. Phorion a publié davantage de détails dans un article de blog.
Anthropic n’a, à ce stade, publié aucun avis public à l’attention de ses clients concernant cet incident.
Un accès à distance persistant
Selon Cursor, l’extension malveillante tente d’installer une porte dérobée persistante, c’est-à-dire un accès caché qui subsiste dans le temps, en s’appuyant sur une clé d’accès contrôlée par l’attaquant. Le code a été conçu pour fonctionner sous Windows, macOS et Linux.
Les extensions de Cursor s’exécutent avec les droits de l’environnement de développement intégré, l’outil dans lequel les programmeurs écrivent leur code. La version piégée pourrait donc, selon la note, accéder aux fichiers locaux, au code source et aux outils de développement de la machine une fois installée.
