Les États-Unis étendent aux systèmes informatiques des agences fédérales civiles les restrictions visant DeepSeek. Un ordre du département de la Sécurité intérieure impose à ces administrations de retirer les produits et services de l’entreprise chinoise, ainsi que les solutions tierces développées à partir de ses technologies, et de cesser d’en acquérir.
- Les États-Unis étendent aux agences fédérales civiles le bannissement de DeepSeek.
- Les administrations doivent retirer ses produits et cesser de les acquérir.
- Les risques pour les données sensibles restent des hypothèses, non des faits établis.
- Les agences peuvent obtenir une dérogation, avec un délai de 60 jours.
L’enjeu ne se limite pas à une interface conversationnelle. Le dispositif vise aussi les produits d’entreprises affiliées à DeepSeek et les services de fournisseurs tiers reposant sur ses implémentations. Les administrations doivent donc vérifier les composants technologiques intégrés à leurs outils informatiques.
La décision repose sur deux obligations : exclure les produits concernés des achats publics des agences fédérales civiles, et retirer les technologies visées de leurs systèmes. Le texte officiel associe ces deux volets. Les départements du Trésor, d’État et de la Justice figurent parmi les administrations concernées, tandis que le département de la Défense est exclu de cet ordre. Cette distinction définit son périmètre administratif ; elle ne signifie pas que les services militaires autorisent, par ailleurs, l’utilisation de DeepSeek.
La chronologie comporte elle aussi plusieurs dates. L’ordre a été initialement émis le 24 juillet 2026. Sa mise à disposition publique est intervenue le lundi 19 octobre, alors que l’avis annonçait une publication au Federal Register le 20 octobre.
Une succession de restrictions
Cette mesure s’inscrit dans une série de décisions déjà prises. D’après Bloomberg, l’agence américaine chargée des systèmes d’information de défense avait bloqué l’accès aux modèles DeepSeek en janvier 2025. Reuters avait rapporté en mars que plusieurs bureaux du département du Commerce interdisaient leur utilisation sur les appareils gouvernementaux. Le Congrès a par ailleurs décidé, en décembre 2025, une restriction pour les systèmes de la communauté du renseignement.
Les données sensibles au centre des inquiétudes
Le département de la Sécurité intérieure présente les modèles DeepSeek comme susceptibles d’exposer les administrations à plusieurs catégories de menaces. Ses préoccupations portent notamment sur un éventuel accès des autorités chinoises à des informations sensibles et sur la présence possible de faiblesses de cybersécurité. Selon l’administration, le scénario redouté concerne le transfert vers la Chine de données gouvernementales américaines, qui pourraient fournir du renseignement sur des citoyens ou sur des programmes fédéraux.
Ces éléments restent des risques exposés par l’administration. Le récit disponible ne démontre pas qu’un transfert précis de données fédérales aurait eu lieu, ni qu’une opération d’espionnage déterminée aurait été établie. Le département évoque de la même façon la présence possible de logiciels malveillants et d’autres vulnérabilités, en citant des recherches publiques ayant identifié plusieurs failles critiques dans l’application iOS de DeepSeek. Ces inquiétudes ne permettent pas, à elles seules, d’affirmer que chaque modèle ou chaque produit utilisant cette technologie contient un programme malveillant.
Un mécanisme d’exception est prévu. Les agences peuvent demander une dérogation, notamment un délai supplémentaire de mise en conformité, en adressant une justification écrite au département de la Sécurité intérieure. Le délai mentionné est de 60 jours à compter de l’émission de l’ordre.
La décision intervient dans un contexte de rivalité technologique entre Washington et Pékin. Interrogé par Reuters, le ministère chinois des Affaires étrangères a indiqué vouloir défendre les droits et intérêts de ses entreprises. Sa porte-parole a dénoncé une extension excessive de l’argument de sécurité nationale et une politisation des questions scientifiques, technologiques et commerciales.
