Une habitante de Magdagachi, village de l’Extrême-Orient russe, a été condamnée à une amende de 15 000 roubles, soit environ 150 euros, pour avoir diffusé une photographie truquée montrant un ours brun au milieu d’une rue. Destinée à une simple plaisanterie envoyée à une amie, l’image a circulé sur les réseaux sociaux jusqu’à provoquer l’intervention des autorités.
- Une habitante russe a diffusé une fausse photo d’ours créée avec ChatGPT.
- La photo a circulé sur les réseaux, et les autorités sont intervenues.
- Elle a été condamnée à environ 150 euros d’amende.
- En France, une fausse alerte aux secours peut coûter deux ans de prison et 30 000 euros.
Le village se situe dans la région de l’Amour, non loin de la frontière chinoise. La Russie abrite plusieurs centaines de milliers d’ours bruns. Selon des données rapportées par l’agence Reuters, leur population a plus que doublé en une trentaine d’années, pour atteindre environ 308 000 individus. Les rencontres avec les habitants peuvent être dangereuses, et des attaques mortelles ont été recensées.
Dans ce contexte, la photographie d’un ours circulant sur les téléphones des habitants a suscité l’inquiétude. Certains ont alerté les autorités, qui ont pris les signalements au sérieux et mobilisé des spécialistes de la faune sauvage pour retrouver l’animal. Or cet ours n’existait pas.
Une image qui échappe à son auteure
À l’origine de cette fausse alerte, une habitante avait photographié une rue de Magdagachi, avant d’utiliser ChatGPT pour y ajouter un gigantesque ours brun. Suffisamment réaliste pour tromper les habitants, le résultat a rapidement échappé à son contrôle. L’image a été transmise à d’autres personnes, puis diffusée sur les réseaux sociaux. Une plaisanterie privée s’est ainsi transformée en alerte locale.
La femme a finalement reconnu auprès de la police être à l’origine du photomontage. Le 13 octobre, la justice russe l’a condamnée à une amende pour avoir diffusé une fausse information ayant provoqué l’intervention des autorités. Cette décision n’est pas un cas isolé en Russie : en septembre, une autre habitante de l’Extrême-Orient russe avait été sanctionnée pour avoir diffusé une fausse photographie d’ours. Elle avait écopé d’une amende de 30 000 roubles, soit environ 300 euros.
Des affaires similaires à l’étranger et en France
Aux États-Unis, dans le Maryland, une femme a également utilisé l’intelligence artificielle pour une mise en scène. Elle a fait croire à son mari qu’un inconnu s’était introduit dans leur domicile, en lui transmettant une photographie montrant un homme allongé sur leur canapé, sous une couverture. Cet intrus avait été ajouté à l’image grâce à l’intelligence artificielle. Inquiet pour la sécurité de son épouse, le mari a contacté les secours. Huit voitures de police ont été dépêchées sur place, avant que les agents ne découvrent la supercherie.
La femme a été poursuivie pour cette fausse alerte. En août 2026, elle a accepté de verser 1 000 dollars à la police, dans le cadre d’un accord prévoyant l’abandon des poursuites. Selon la source, il ne s’agissait donc pas d’une condamnation pénale.
En France, fabriquer une photographie à l’aide de l’intelligence artificielle n’est pas, en soi, une infraction. Les conséquences juridiques dépendent notamment de la nature de l’image, de son utilisation et des circonstances de sa diffusion. En revanche, l’article 322-14 du Code pénal prévoit jusqu’à deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende pour la communication ou la divulgation d’une fausse information faisant croire à un sinistre et susceptible de provoquer une intervention inutile des secours.
Ces affaires font penser à la fable attribuée à Ésope, « L’enfant qui criait au loup ». À force de donner de fausses alertes pour s’amuser, un jeune berger finit par ne plus être cru lorsque le danger survient réellement.
