SpaceXAI a lancé en août Grok Bot, un agent qui réserve, achète et souscrit à la place de l’utilisateur, et ne lui rend la main que pour les étapes sensibles. Testé sur trois démarches du quotidien, il a mené à bien deux d’entre elles, mais s’est heurté à des blocages et a affiché en clair un mot de passe.
- Grok Bot réserve, achète et souscrit à la place de l’utilisateur.
- Il mène à bien le train et le rendez-vous chez le vétérinaire.
- Il se bloque sur le changement d’opérateur, un captcha chez Orange l’empêchant de valider.
- Il affiche en clair le mot de passe du compte créé.
Un agent doté de sa propre machine
Grok Bot repose sur un agent principal disposant de sa propre machine virtuelle dans le cloud, avec un navigateur dédié. Il peut convoquer des sous-agents chargés d’une mission donnée et être connecté à des dizaines de connecteurs tiers, comme Google Drive, Notion, Gmail ou 1Password. Le tout est orchestré par Grok 4.7, le dernier modèle de la firme, entraîné spécifiquement sur le harness de l’agent, c’est-à-dire l’environnement logiciel qui encadre le modèle et lui donne ses outils. Selon les principaux analystes du secteur, ce sont les équipes de Cursor, rachetées par SpaceXAI et finalisées en août, qui ont développé en majorité ce harness.
L’outil se présente sous la forme d’une application pour PC et Mac, complétée par une application mobile, et reste consultable sur Grok.com, avec une interface plus minimaliste. Les tâches s’exécutant dans une machine virtuelle hébergée dans le cloud, elles continuent de tourner ordinateur éteint. Depuis le 12 octobre, Grok Bot est inclus dans The X Subscription, qui regroupe Grok, Cursor et X Premium. Trois formules donnent accès à l’agent : Premium, à 30 dollars par mois, offre un accès « raisonnable mais limité » ; Super, à 100 dollars par mois, donne 3,5 fois plus d’usage que Premium ; Ultra, à 200 dollars par mois, en donne 12 fois plus.
Trois démarches testées
Pour le train, la demande consistait à réserver un aller-retour entre Avignon TGV et Marne-la-Vallée–Chessy au tarif le plus bas, en comparant Nîmes. L’agent a effectué les recherches sur SNCF Connect, proposé un checkout sur le site de Ouigo, rempli les formulaires, puis rendu la main pour le paiement. Il a bien comparé les tarifs, comme demandé, avant de retenir Avignon TGV. Le rendez-vous chez un vétérinaire, dans une clinique du Val d’Europe, s’est en revanche heurté à la connexion au gestionnaire de rendez-vous en ligne Pilepoils. L’agent a passé la main pour se connecter, puis a trouvé des créneaux et finalisé celui choisi.
Le changement d’opérateur, de Bouygues vers Sosh, a demandé davantage d’étapes. L’agent a d’abord réclamé en une seule fois les informations nécessaires, puis rempli les formulaires de souscription, avant de s’arrêter pour deux opérations : la transmission du RIO, le code qui permet de garder son numéro, et la validation finale de la création du compte, bloquée par un captcha chez Orange. Une fois la commande validée, le récapitulatif de Grok Bot comportait le mot de passe du compte Orange créé, affiché en clair dans la conversation.
Ces blocages ne sont pas isolés. Selon le même test, Amazon bloque l’agent Muse de Meta depuis septembre aux États-Unis, et plusieurs banques interdisent désormais aux agents IA de déplacer l’argent de leurs clients. Les sites marchands devront, selon l’article, apprendre à distinguer un agent mandaté par un client d’un script malveillant. Le test souligne aussi que Muse est inaccessible dans l’Union européenne, ce qui fait de Grok Bot l’un des rares agents propriétaires offrant ce niveau d’autonomie.





