À Noël, les jouets passent eux aussi à l’intelligence artificielle, selon franceinfo

À Noël, les jouets passent eux aussi à l’intelligence artificielle, selon franceinfo
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À l’approche des fêtes, l’intelligence artificielle fait son entrée dans les rayons des jouets, avec des robots conversationnels et des peluches interactives vendus entre 70 et 150 euros. Si certains parents y voient une opportunité éducative, des spécialistes alertent sur les risques pour le développement des enfants.

Dans les magasins de jouets, la période de Noël est déjà bien engagée, et les nouveautés comprennent des robots ou des peluches qui échangent avec les enfants grâce à l’intelligence artificielle. Ils répondent à toutes sortes de questions, qu’il s’agisse d’une recette de cuisine ou d’une question de culture générale. Ces jouets sont conçus par l’entreprise française Lexibook, qui a développé elle-même son intelligence artificielle de conversation.

Un contrôle parental mis en avant

Selon Aymeric Le Cottier, président du directoire de Lexibook, ces produits ne présentent pas de risques. L’intelligence artificielle est bridée pour éviter certains sujets sensibles, notamment ceux à caractère sexuel ou relatifs à la violence. Les parents conservent par ailleurs la main sur le jouet, grâce à une application de contrôle parental à laquelle tous les jouets connectés sont reliés.

Depuis cette application, les parents peuvent activer ou désactiver l’IA. « Une fois qu’ils sont dans le jouet, ils peuvent lire tout l’historique », indique le dirigeant. Cette possibilité rassure certains acheteurs potentiels. Un homme interrogé se dit prêt à offrir de tels jeux éducatifs : « Que ce soit les enfants ou nous, on ne peut pas vivre sans intelligence artificielle. Donc oui, complètement, je serais prêt à prendre des jeux éducatifs dans ce domaine. » Une femme estime pour sa part que ces produits peuvent susciter des interrogations, « puisqu’on sait qu’il y a beaucoup de dérives sur l’intelligence artificielle ».

Les mises en garde des spécialistes

Destinés aux enfants de plus de 5 ans, ces jouets suscitent les réserves de professionnels de la santé mentale. Pour leur développement, les enfants ont avant tout besoin de contacts humains, rappellent-ils. Théo Mouhoud, pédopsychiatre, met en garde contre les échanges avec une machine : « L’enfant se développe au gré des relations avec les autres. Une machine avec une disponibilité 24 heures sur 24, non épuisable, avec une mémoire, une simulation des émotions, une absence de conflictualité, c’est extrêmement dangereux pour les enfants. »

Selon le pédopsychiatre, la croissance d’un enfant passe aussi par la confrontation à l’autre. « On le fait justement quand l’autre va dire non dans le conflit, dans la conflictualité, dans la frustration », explique-t-il. Les deux positions, celle de l’entreprise et celle des spécialistes, se retrouvent ainsi face à face à l’approche des fêtes.

D’ici Noël, Lexibook espère vendre près de 100 000 jouets connectés à l’intelligence artificielle.