Au troisième trimestre 2026, Alphabet, Amazon et Meta ont vu leur flux de trésorerie disponible passer sous zéro ou ont dû emprunter massivement pour financer leurs infrastructures d’IA. Microsoft reste positif de 18,6 milliards de dollars, en s’appuyant notamment sur la location. Le flux de trésorerie disponible correspond à l’argent qui reste après les dépenses d’exploitation et les investissements.
- Alphabet, Amazon et Meta ont vu leur flux de trésorerie passer sous zéro ou ont dû emprunter massivement.
- Microsoft reste positif, à 18,6 milliards de dollars, grâce à ses revenus et à la location.
- Microsoft n’a pas encore emprunté sur le marché obligataire, mais prévoit d’autres financements.
- La demande des clients dépasse l’offre, et des livraisons de capacités tierces ont pris du retard.
Chez Alphabet, la maison mère de Google, les comptes du troisième trimestre, publiés le 28 octobre, montrent un écart entre l’exploitation, qui a encaissé 42,3 milliards de dollars, et les investissements, qui en ont absorbé 51,4. Le flux ressort donc à moins 9,1 milliards, après moins 5,9 milliards au deuxième trimestre. Sur douze mois glissants, il reste positif, à 19,7 milliards. Le groupe a levé 49,6 milliards de dollars en actions et en actions de préférence obligatoirement convertibles en juin, puis 28,7 milliards d’obligations au troisième trimestre. Il a aussi cessé de racheter ses propres titres : 11,5 milliards de juillet à septembre 2025, rien sur les mêmes mois de 2026.
Microsoft finance ses serveurs avec ses revenus
Le même jour, les résultats de Microsoft pour son premier trimestre de l’exercice 2027, clos le 30 septembre, affichaient une situation inverse. L’exploitation a rapporté 58 milliards de dollars et les achats d’équipements ont coûté 39,4 milliards, ce qui laisse 18,6 milliards de flux disponible. Amy Hood, sa directrice financière, prévoit un flux positif sur l’exercice.
Ce chiffre a toutefois une limite, que la dirigeante a elle-même évoquée lors de la conférence du 28 octobre : « Il existe une forme de financement qui s’appelle la location, et nous nous en servons comme d’un véhicule. » Les 45,2 milliards d’investissements affichés comprennent 7,4 milliards de locations-financements. Amy Hood a indiqué que Microsoft n’avait « pas encore » eu recours au marché obligataire, et qu’il ferait appel à « des sources de financement supplémentaires » lorsqu’il le jugerait intéressant.
Amazon emprunte, Meta reste à zéro
Chez Amazon, publiée le 29 octobre, l’exploitation a encaissé 42,4 milliards de dollars sur le trimestre, pour 77,3 milliards d’achats d’équipements. Une fois déduits 1,4 milliard de cessions et d’aides, il manque environ 33,5 milliards, un calcul effectué par ActuIA. Le groupe a levé 48,1 milliards de dette à long terme au trimestre, qui atteint désormais 173,1 milliards, contre 65,6 milliards fin 2025. Amazon maintient par ailleurs une prévision d’environ 220 milliards d’investissements en 2026.
Meta, dont les résultats ont été publiés dès le 21 octobre, affiche un flux négatif de 2,1 milliards, contre 10,6 milliards positifs un an plus tôt. Le groupe n’a rien emprunté au trimestre, mais sa dette à long terme a gagné 22 milliards depuis décembre. Sa prévision d’investissements 2026 est resserrée entre 135 et 145 milliards.
Des clients qui attendent la capacité
Microsoft a aussi abaissé sa prévision pour l’année civile, à environ 170 milliards de dollars contre 175 en juillet. Le trimestre devait dépasser 50 milliards d’investissements et s’est arrêté à 45,2, car « certaines livraisons de capacités tierces attendues au premier trimestre ont été retardées », selon Amy Hood, qui ajoute : « La demande des clients continue de dépasser l’offre disponible. » Son carnet de commandes atteint 677 milliards de dollars de contrats commerciaux restant à exécuter, en hausse de 73 % sur un an.
Selon le Wall Street Journal, AWS, Google et Microsoft ont fourni à Anthropic moins de capacité que l’éditeur de Claude n’en demandait. Chez Alphabet, la directrice financière Anat Ashkenazi évoque un « environnement contraint par l’offre », Google utilisant depuis fin septembre du calcul de tiers, au prix d’une pression sur les marges à court terme, d’après une transcription de la conférence publiée par The Singju Post. Alphabet maintient sa prévision 2026 entre 195 et 205 milliards de dollars, et Anat Ashkenazi a déclaré : « Nous prévoyons toujours une hausse significative de nos investissements en 2027. »





