Pour les entreprises sous-traitantes, la dépendance à la notoriété devient leur principal problème

Pour les entreprises sous-traitantes, la dépendance à la notoriété devient leur principal problème
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Pour une PME sous-traitante, le principal risque ne serait pas l’absence de notoriété, mais sa dépendance à un grand client ou à un seul secteur d’activité. Dans une tribune consacrée au GEO, l’optimisation de la visibilité d’une entreprise dans les réponses des intelligences artificielles, l’auteur s’appuie sur l’exemple d’une PME lorientaise et sur un mini-audit mené auprès de trois assistants.

Le 30 octobre, Naval Group doit livrer à la marine grecque le Nearchos, deuxième des quatre FDI commandées par Athènes. À Lorient, l’activité du chantier est particulièrement soutenue, avec des programmes français, grecs, suédois et peut-être danois. Naval Group mobilise plus de 1000 sous-traitants (données 2024), des grands groupes d’ingénierie aux PME spécialisées.

Une entreprise dont les compétences dépassent sa réputation

L’auteur prend l’exemple des Ateliers Mécaniques Lorientais (AML). Créée en 1994, cette PME d’une vingtaine de personnes s’est d’abord développée autour de la mécanique navale du port de pêche de Lorient. En 2006, elle a ouvert un département Industrie. Elle indique aujourd’hui réaliser la moitié de son activité dans la construction et la réparation navales, et l’autre moitié dans l’industrie, notamment la production d’énergie, la chaudronnerie et la tuyauterie.

Son site présente un éventail de prestations : entretien et réparation d’équipements industriels, reconditionnement de moteurs et de machines, chaudronnerie, tuyauterie pour différents fluides, travaux mécaniques et lignage.

Des IA qui connaissent l’entreprise sans toujours la citer

Pour vérifier cette image, l’auteur a interrogé ChatGPT, Gemini et Perplexity. À la question des entreprises bretonnes pouvant intervenir en tuyauterie industrielle pour des installations énergétiques, les trois outils ont cité différents prestataires, sans jamais mentionner AML. Lorsque la demande portait sur la tuyauterie navale de haute qualification, les trois ont spontanément cité l’entreprise. Interrogé sur les partenaires industriels de Naval Group à Lorient, seul ChatGPT l’a citée parmi les entreprises de mécanique et de tuyauterie du bassin lorientais.

Lorsqu’on leur demande directement de décrire AML, les trois modèles restituent ses compétences en mécanique, en chaudronnerie et en tuyauterie industrielle. ChatGPT et Perplexity relèvent son développement vers l’industrie, et Perplexity reprend la répartition de l’activité annoncée par l’entreprise. L’auteur précise que ce test n’est pas un audit approfondi, mais il met en lumière un décalage : une PME est bien comprise lorsqu’on la nomme, et pourtant peut rester absente des réponses quand un acheteur cherche une compétence sans évoquer son secteur d’origine.

Distinguer dépendance commerciale et dépendance réputationnelle

Selon l’auteur, il faut distinguer la dépendance commerciale, qui relève de la stratégie et de la gestion des risques, de la dépendance réputationnelle, lorsqu’une entreprise n’est connue qu’à travers un client, une filière ou un secteur historique. Les deux peuvent se renforcer, même si l’une n’implique pas nécessairement l’autre. Le donneur d’ordre reste une preuve de compétence, mais il « ne peut pas être sa seule définition ».

La tribune propose quatre notions pour bâtir une réputation autonome : la clarté des compétences et des références, la cohérence du discours d’un marché à l’autre, la corroboration par des sources indépendantes et la continuité dans le temps. L’auteur souligne qu’une entreprise ne peut pas attendre qu’un donneur d’ordre ait besoin d’elle pour être connue, et que la préparation réputationnelle consiste à « ne pas être obligé de partir de zéro » le jour où de nouveaux débouchés deviennent nécessaires.