La fin des consoles de jeu telles qu’on les connaît n’a jamais semblé aussi proche

La fin des consoles de jeu telles qu’on les connaît n’a jamais semblé aussi proche
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Ken Kutaragi, créateur de la toute première PlayStation, estime que l’ère des consoles de jeu touche peut-être à sa fin. Il parle d’un danger « bien réel ». En rapprochant ses propos des récentes annonces de Sony, la console telle qu’on la connaît, avec son lecteur et son matériel à renouveler tous les sept ans, semble arriver au bout de son cycle.

  • Ken Kutaragi, créateur de la PlayStation, pense que la console classique touche peut-être à sa fin.
  • Il juge les machines trop chères et voit le réseau remplacer le matériel local.
  • Sony arrêtera les éditions disque des nouveaux jeux en janvier 2028.
  • La PS6 pourrait dépasser 1 200 euros, ce qui accentue ce constat.

Le réseau plutôt que la machine

Kutaragi s’est exprimé lors d’un long entretien avec The Game Business, à la conférence Game Republic New Horizons. C’est en fin d’échange qu’on lui a demandé son avis sur la situation actuelle de PlayStation et de Xbox. Sa réponse tient en un constat : les machines coûtent beaucoup trop cher. Il rappelle que la PS4 était passée d’une architecture de console à une architecture PC pour simplifier le développement, alors que le PC est lui-même devenu onéreux.

Sa solution est le réseau. Il cite Gemini et d’autres plateformes d’IA qui fonctionnent côté serveur, et non sur la machine de l’utilisateur. Selon lui, ces services pourraient évoluer au point de rendre la console inutile. Il a toutefois précisé qu’il s’agit de son avis personnel et non de celui de Sony. Ce discours n’a rien de nouveau : à l’époque de la PS1 puis de la PS2, lorsqu’on l’interrogeait sur la suite, il répondait déjà que tout allait fusionner dans le réseau.

Le disque, premier élément à disparaître

Sony démonte déjà la console classique, à commencer par le disque. Sony Interactive Entertainment a annoncé qu’il cesserait de produire des éditions disque des nouveaux jeux PlayStation en janvier 2028, les nouveaux titres devenant uniquement téléchargeables.

Les chiffres expliquent cette décision. Sur le dernier exercice, 22 % des copies de jeux vendues sur PlayStation étaient des disques, contre 49 % six ans plus tôt et 73 % neuf ans plus tôt. En revenus, la part est plus faible encore : les ventes de disques ne représentaient que 5 % du chiffre d’affaires logiciel de Sony, qui atteignait 2 640 milliards de yens.

Kutaragi approuve ce choix. Il reconnaît qu’il a créé des frictions avec les passionnés, mais juge qu’il n’est pas économiquement raisonnable pour PlayStation de continuer à investir dans les disques. Selon lui, personne ne réclame de support physique sur un smartphone, car les utilisateurs ont le sentiment de garder leur contenu. La nostalgie du disque relèverait donc, à ses yeux, d’une affaire de mentalité. Il n’évoque pas, dans l’entretien, les questions de revente, de prêt ou de préservation des jeux pour les joueurs. Sony a par ailleurs plaidé devant un tribunal qu’aucun consommateur raisonnable ne pense posséder les jeux achetés sur le PlayStation Store, ces achats n’étant qu’une licence révocable.

Le prix du matériel, nouveau point de blocage

Les consoles et les PC n’ont jamais été aussi chers, et rien n’indique une amélioration à court terme. Bloomberg rapportait en février que Sony envisagerait de repousser sa prochaine console à 2028-2029, en évoquant une pénurie de RAM. D’après de nouvelles fuites, la PS6 pourrait coûter plus de 1 200 euros, un prix qui arriverait au moment où les disques disparaissent. Kutaragi, qui avait lancé la PS3 à 600 euros, sait mieux que quiconque ce que représente un matériel au prix élevé.

Début octobre, il avait aussi avancé que l’IA en temps réel devrait être capable de générer du contenu à la vitesse des consoles actuelles vers 2028-2029, et que tout le contenu changerait alors. Il estime que le marché mondial du jeu, aujourd’hui à plus de 30 000 milliards de yens, pourrait atteindre environ 3 000 000 milliards de yens. Il est à noter qu’il dirige aujourd’hui Ascent Robotics en tant que CEO et préside Cyber AI Entertainment, deux entreprises tournées vers l’IA.

La PS6 devrait conserver une forme assez classique, mais les tendances annoncées laissent entrevoir davantage de jeux en version numérique uniquement, des machines plus chères et des constructeurs qui misent sur le cloud. Kutaragi peut se tromper sur le calendrier de l’IA générative, relève le récit, mais sur le fond, la console de salon telle qu’on la connaît pourrait bien vivre sa dernière génération.