Google a annoncé, jeudi 22 octobre, un accord avec la plateforme Voltus pour payer des particuliers et des entreprises aux États-Unis afin qu’ils consomment moins d’électricité. Le géant du numérique cherche ainsi à répondre à ses besoins en énergie, alors que ses centres de données (data centers) nécessaires au développement de l’intelligence artificielle (IA) consomment beaucoup de courant.
- Google paie particuliers et entreprises américains pour qu’ils consomment moins d’électricité.
- Cet accord pourrait fournir jusqu’à 1 070 mégawatts à ses data centers.
- Le dispositif repose sur le réseau PJM, dont 40 % du courant provient du gaz.
- Google le présente comme une solution d’urgence à court terme, mais son efficacité reste à nuancer.
Aux États-Unis, les géants du numérique peinent de plus en plus à alimenter en électricité ces installations énormes. Selon le New York Times, l’accord pourrait fournir jusqu’à 1.070 mégawatts d’électricité aux data centers de Google, soit à peu près l’équivalent de la production d’un petit réacteur nucléaire.
Une centrale électrique virtuelle
Cette électricité ne proviendra pas d’une nouvelle centrale. Elle sera prélevée sur le réseau PJM, le plus grand réseau électrique interconnecté du pays, qui s’étend sur 13 États et dessert 67 millions de clients. Voltus, qui gère des ressources énergétiques, propose aux utilisateurs de ce réseau, foyers comme entreprises, de les rémunérer pour qu’ils consomment moins d’énergie lorsque la demande locale est élevée. Ce mécanisme porte le nom d’effacement électrique, et l’ensemble forme ce que Google et Voltus appellent une « centrale électrique virtuelle ».
Ces baisses de consommation pourraient même être automatisées grâce à des appareils domotiques connectés, qui réduiraient d’eux-mêmes le chauffage ou la climatisation selon la demande. Chaque ajustement reste modeste à l’échelle d’un logement, mais il peut représenter des gains importants lorsqu’il s’additionne sur l’ensemble du réseau.
Les leaders de la tech devront toutefois aussi compter sur des centrales électriques traditionnelles s’ils veulent poursuivre le développement de leurs modèles d’IA. Selon les informations de la source, cette solution permet de répondre rapidement à des besoins immédiats et semble plus écoresponsable, même si, sur ces réseaux, 40 % du courant est produit par des centrales à gaz.
Une solution « à court terme »
Ellen Zuckerman, responsable du développement du marché de l’énergie chez Google, décrit ces dispositifs comme « une solution d’urgence à court terme ». Elle explique au New York Times que « c’est un moyen d’investir dans nos communautés, d’insister sur nos ambitions d’énergie verte, et en même temps de remplir nos besoins rapidement et à grande échelle ».
Cette affirmation doit toutefois être nuancée. Depuis 2024, les prix de l’énergie sur le réseau PJM ont fortement augmenté, en grande partie à cause des data centers d’IA. Leur demande, à la fois forte et variable, se tourne aussi vers les centrales à gaz, capables d’accroître rapidement leur production, au prix d’un lourd tribut environnemental.
Une étude du ministère de l’Énergie américain estime que le recours à ce type de centrales virtuelles pourrait être multiplié par trois d’ici à 2030. En France, des mécanismes d’effacement électrique sont accessibles avec certaines offres d’électricité aux tarifs avantageux. Des agrégateurs comme Voltalis permettent aussi de les pratiquer, pour les particuliers comme pour les entreprises.
