La Corée du Sud cherche à disposer d’accélérateurs d’IA conçus et fabriqués sur son sol, afin de réduire sa dépendance aux États-Unis. Ses deux principales start-up du secteur, FuriosaAI et Rebellions, ont déjà produit des puces fonctionnelles et préparent de nouvelles générations.
- La Corée du Sud veut fabriquer ses propres accélérateurs d’IA pour réduire sa dépendance aux États-Unis.
- Séoul juge l’accès aux GPU américains peu fiable, car Washington peut le retirer rapidement.
- FuriosaAI et Rebellions produisent déjà des puces et préparent de nouvelles générations.
- Ces puces ne sont pas les plus performantes, mais leur origine non américaine attire les acteurs qui veulent sécuriser leurs chaînes d’approvisionnement.
Pour un allié de longue date de Washington, la question n’est pas de pouvoir acheter des GPU de Nvidia ou d’AMD, ce que rien n’empêche. Le problème, selon l’auteur, tient à la fiabilité de cet approvisionnement face à un gouvernement américain qu’il qualifie de souvent capricieux. Ce qui est accordé peut être retiré avec peu ou pas de préavis, et Séoul paraît en être bien consciente.
Le pays dispose d’atouts industriels. Il abrite deux des plus grands fabricants mondiaux de mémoire, SK Hynix et Samsung, ce qui donne aux concepteurs locaux un avantage pour obtenir de la mémoire HBM, une mémoire à haute bande passante indispensable aux accélérateurs. Samsung Electronics exploite par ailleurs la deuxième plus grande usine de fabrication de puces de pointe au monde, tandis que TSMC et Rapidus, au Japon, sont proches.
Des puces déjà en production
Plusieurs start-up sud-coréennes ont émergé depuis le début du boom de l’IA, et certaines ont disparu. Sapeon, dont la propriété intellectuelle et les équipes ont été intégrées à Rebellions fin 2024, fait partie de ces cas. FuriosaAI et Rebellions restent les deux favorites.
Le Rebel100 de Rebellions, apparu fin 2025, est à peu près au niveau du H200 de Nvidia, un accélérateur âgé de trois ans. Le RNGD de Furiosa n’est pas le plus puissant : selon des tests évoqués dans l’article, il offre environ 2,25 fois la performance par watt de l’A100 de Nvidia, lui-même âgé de six ans, sur les charges de travail testées. L’auteur rappelle toutefois que, comme dans la stratégie chinoise, la puissance unitaire compte moins lorsque l’on dispose d’un grand nombre de puces.
Furiosa a annoncé une levée de fonds de Série D de 620 millions de dollars, destinée à augmenter sa production de RNGD et à poursuivre le développement de sa troisième génération d’accélérateurs, conçue avec Broadcom. La société prévoit de produire environ 20 000 RNGD cette année, puis à peu près le double en 2027. Samsung et LG Electronics figurent parmi ses principaux soutiens.
Les informations sur la prochaine puce restent limitées. Elle devrait être gravée en 2 nm, probablement chez TSMC selon l’article, reposer sur une architecture multi-die à chiplets et intégrer de la HBM4 ou de la HBM4e. L’implication de Broadcom laisse penser à une architecture à l’échelle du rack et à un packaging de type 3.5D XDSiP, une référence conçue par Broadcom, que Meta et OpenAI ont adoptée selon l’article. L’auteur précise qu’il ne peut pas le confirmer.
Une demande qui dépasse Séoul
La recherche d’une IA souveraine, entraînée et exploitée sur des accélérateurs possédés dans des centres de données nationaux, n’est pas propre à la Corée du Sud. L’article cite la décision de l’administration Trump de couper l’accès de la Chine aux H20 de Nvidia, annulée peu après, qui a montré à Pékin que les concepteurs américains ne pouvaient plus être considérés comme fiables.
Le néocloud japonais ai& a annoncé son intention de déployer jusqu’à 100 systèmes RebelRack de Rebellions, soit, selon l’article, 3 200 accélérateurs Rebel100. Ce volume reste modeste face aux expéditions trimestrielles de Blackwell et d’Instinct de Nvidia et AMD, mais il existe. Furiosa, de son côté, a conclu un accord avec Equinix pour installer ses RNGD dans le centre LS2 de Lisbonne.
Ces puces n’ont peut-être pas les meilleures performances, mais leur origine non américaine suffit, selon l’article, à les rendre attractives pour les acteurs qui veulent protéger leurs investissements en IA contre les perturbations de leurs chaînes d’approvisionnement.





