La maison d’édition annonce finalement que Thélyson Orélien a bien utilisé l’IA

La maison d’édition annonce finalement que Thélyson Orélien a bien utilisé l’IA
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Un mois après le début de la polémique, les Éditions du Boréal ont annoncé, mercredi 21 octobre, mettre fin à leur collaboration avec Thélyson Orélien, auteur de C’était ça ou mourir. L’éditeur québécois affirme que l’intelligence artificielle a bien été utilisée dans le processus d’écriture du roman, dont le succès en librairie ne s’est pas démenti pendant la controverse : il s’est écoulé à 65 000 exemplaires en France.

  • Les Éditions du Boréal mettent fin à leur collaboration avec Thélyson Orélien.
  • L’éditeur affirme que l’IA a bien été utilisée pour écrire le roman.
  • Une analyse externe relève des traces d’IA dans les métadonnées des fichiers.
  • Grasset, qui publie le livre en France, n’a pas encore réagi.

Le livre a été publié au printemps par Boréal, avant que Grasset ne le sorte en France en août. Le 13 octobre, Thélyson Orélien avait reconnu des plagiats de jeunesse, tout en niant fermement avoir eu recours à l’IA pour ce roman. Il avait également dénoncé les menaces et le harcèlement raciste dont il faisait l’objet depuis le début de l’affaire.

De nouvelles preuves mettent à mal la version officielle

Une semaine avant l’annonce, Boréal assurait encore maintenir le livre en librairie, faute d’élément permettant d’établir avec certitude un recours à l’IA. Entre-temps, l’éditeur a rassemblé toutes les versions de travail du manuscrit et commandé une analyse externe. Son verdict évoque des « traces de balises d’IA dans les métadonnées » de certains documents, c’est-à-dire des informations techniques enregistrées automatiquement dans les fichiers. L’éditeur n’a pas précisé lesquels, ni dans quels passages du texte.

Mercredi, la maison québécoise a donc décidé de ne pas réimprimer le roman et de ne plus publier aucun livre de l’auteur, selon un communiqué officiel. Le revirement intervient après des semaines de débat sur la fiabilité des outils censés repérer les textes écrits par des machines, sans qu’aucun d’entre eux n’ait pu trancher seul la question.

Un débat centré sur les détecteurs

Pendant des semaines, la discussion s’est cristallisée autour de l’outil Pangram. Au bout du compte, aucun score de probabilité n’a tranché le dossier : ce sont les métadonnées présentes dans les fichiers qui ont fini par peser. Une méthode plus proche de l’enquête numérique classique que de la statistique linguistique. Reste que la détection a ses limites, puisqu’il est impossible de savoir quel rôle l’algorithme a joué dans l’écriture du roman.

De son côté, l’auteur a assuré à plusieurs reprises n’avoir jamais eu recours à l’IA pour écrire. Dans une réaction relayée par Le Devoir, il maintient n’avoir mené avec ces outils que des recherches historiques.

Reste Grasset. L’éditeur français, qui avait d’abord balayé les accusations en parlant de « fake news », n’avait toujours pas réagi mercredi soir. Or c’est lui qui porte l’essentiel des ventes en France, où le roman figurait encore début octobre dans la deuxième sélection du prix Renaudot.