Des robots d’assistance pour aider les personnes à vivre de façon autonome

Des robots d’assistance pour aider les personnes à vivre de façon autonome
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Charlie Kemp, cofondateur et directeur technique de Hello Robot, développe des robots mobiles équipés de bras, conçus pour aider les personnes à domicile comme sur leur lieu de travail. Dans ce portrait, publié dans la série « A Day in the Life of a Roboticist » de *IEEE Spectrum*, il revient sur son parcours, de ses premiers travaux sur les humanoïdes au MIT jusqu’aux robots d’assistance destinés aux personnes âgées et aux personnes handicapées.

  • Charlie Kemp conçoit des robots mobiles dotés de bras pour aider les personnes à domicile.
  • Il estime que ces robots améliorent la qualité de vie et favorisent l’autonomie.
  • Il défend la collaboration entre roboticiens et experts des domaines concernés.
  • Sa collaboration avec Henry Evans, débutée en 2010, se poursuit encore aujourd’hui.

Son intérêt pour la robotique est né d’une approche des grands défis de l’intelligence artificielle. Étudiant au MIT, il découvre le projet Cog du professeur Rod Brooks, qui utilise des robots humanoïdes pour étudier l’intelligence incarnée. Il rejoint ensuite le laboratoire de Rod Brooks et travaille sur le robot humanoïde Domo avec son cofondateur, Aaron Edsinger. Leur article sur un système permettant à Domo d’aider une personne à ranger des objects sur une étagère obtient le prix du meilleur article à l’IEEE-RAS International Conference on Humanoid Robotics, en 2006. Ce travail l’oriente vers la robotique d’assistance, puis lui ouvre un poste de professeur à Georgia Tech. Avec Aaron Edsinger, il fonde ensuite Hello Robot pour concevoir des robots non humanoïdes.

Des robots pour les gestes du quotidien

Le cœur de son activité consiste à doter des robots mobiles de bras, afin qu’ils rendent service dans les logements et les lieux de travail. Nombre d’applications prometteuses supposent une interaction physique étroite entre les humains et les machines, notamment pour aider les personnes âgées ou handicapées. Charlie Kemp souligne que trouver une aide humaine devient plus difficile, en partie à cause du vieillissement des sociétés. Selon lui, les robots peuvent améliorer la qualité de vie et favoriser l’autonomie.

Il décrit aussi ce qui le motive au quotidien : « Travailler chez Hello Robot est une expérience enrichissante. J’adore la communauté qui utilise les robots Stretch comme plateformes de recherche et de développement. Ils découvrent de nouvelles façons dont des robots adaptés à l’humain peuvent profiter à la société. »

Apprendre sur le terrain

Parmi ses meilleures journées, il cite celles consacrées aux personnes qui utilisent les robots plutôt qu’aux machines elles-mêmes. Il mentionne notamment Keith, Henry et Jane Evans, ainsi que des centaines de personnes ayant travaillé avec les robots de Hello Robot ou de son laboratoire universitaire. Selon lui, les réponses à certaines questions ne se trouvent pas en programmant seul dans une pièce : « Il faut sortir dans le monde avec un esprit ouvert. » Il observe parfois que l’autonomie n’est pas la solution, car la personne souhaite garder davantage de contrôle.

Hello Robot compte également Vy Nguyễn, responsable de la recherche clinique, qui a découvert la robotique pendant son doctorat en ergothérapie. Son expertise contribue aux travaux de l’entreprise sur les robots d’assistance. Charlie Kemp insiste sur ce point : les applications les plus utiles des robots reposeront probablement sur la collaboration entre spécialistes de la robotique et experts des domaines concernés.

Il évoque enfin le projet Robots for Humanity. En 2010, Henry Evans, atteint d’une tétraplégie sévère, découvre une démonstration des travaux de son laboratoire sur CNN. Cette rencontre donne naissance à une collaboration toujours en cours. Chaque génération de robot Stretch, utilisée par Henry et Jane Evans, a influencé les suivantes, en particulier le Stretch 4. Pour Charlie Kemp, un souvenir se détache : Henry Evans a utilisé Stretch pour tendre une rose à Jane. Le geste repose sur des mouvements robotiques relativement simples, mais il a produit, selon ses mots, un effet émotionnel très fort.